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Course automobile formule GT : interview de Jean Charles BATTUT après les 24 h de Dubai Course automobile formule GT : interview de Jean Charles BATTUT après les 24 h de Dubai

Course automobile formule GT : interview de Jean Charles BATTUT après les 24 h de Dubai

Jean-Charles BATTUT, jeune pilote automobile de 24h, a gentiment accepté de nous faire partager son expérience de la compétition. Il vous dévoile les contraintes sportives d’une telle course ainsi que son alimentation, en toute transparence.

Interview de Jean Charles BATTUT concernant son alimentation

Jean-Charles, peux-tu nous faire une brève présentation ?

Jean-Charles BATTUT

Jean-Charles BATTUT

Jeune pilote de 23 ans, j’habite à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme. Depuis 3 ans, je suis dans l’écurie belge de Thierry BOUTSEN, qui porte son nom. Je pilote régulièrement des GT de prestige en configuration « violente » pour préparer différentes courses d’endurance, principalement de 24h. Je participe également à certains développements course.

Récemment, tu as participé aux 24 h de Dubaï. Peux-tu nous décrire le déroulement d’une telle compétition ?

Effectivement, j’ai participé cette année à la 6éme édition des 24h de Dubaï, une manche des 24h Series (niveau mondial). Mon écurie (Thierry BOUTSEN Energy Racing) m’a demandé de compléter un équipage de quatre pilotes sur une Porsche 997 GT3 de part mon expérience sur ce circuit et ce genre de grosses GT.  Il leur fallait un pilote rapide pour les qualifications et pour essayer de jouer la gagne en course. En ce qui concerne le déroulement, c’est assez simple au fond.

Jean Charles BATTUT Dubaï

Jean Charles BATTUT Dubaï

Le mercredi (atterrissage à Dubaï à 6h) : nous avons fait des essais libres auxquels je n’ai pas participé du fait que je connaissais le circuit et que j’avais besoin de repos.

Le jeudi : il y avait de nouveaux essais libres le matin que je n’ai pas fait non plus. Le manager a décidé que notre place sur la grille importait peu pour une course de 24h et que les chronos d’un de mes coéquipiers suffisaient pour être bien placé (7ème). En revanche, j’ai roulé pratiquement toute la séance d’essais de nuit.

Le vendredi : départ de la course à 14h. J’ai fait un premier relais de 15h à 16h et j’ai attendu minuit pour prendre un second relais qui s’est transformé en double relais (2h).

Au petit matin, vers 5h, j’ai repris un double relais et passé le cap lié aux changements d’adhérences et à la mauvaise vision due au lever du soleil (dans les yeux non stop). J’ai terminé par un relais de 1h40 à 12h pour laisser un des pilotes de l’écurie passer la ligne au volant de la voiture à 14h. J’ai roulé une heure et demi de plus que mes coéquipiers mais mes temps de repos étaient mieux répartis que l’année passée (j’avais alors roulé 11h… ).

NDLR : les relais sont variables et durent en moyenne entre 1 à 2h. Le pilote doit être prêt à partir à chaque instant …

Quelles contraintes physiologiques ou environnementales sont les plus difficiles à supporter lors d’une telle course?

Jean Charles BATTUT

Jean Charles BATTUT

En ce qui concerne les contraintes il y en a beaucoup… La première est la chaleur dans l’habitacle (environ 78°C au max mais jamais moins de 65°C !). Pour vous donner une idée : au bout de 2h de relais, ce n’est pas réellement comparable à la vie de tous les jours mais c’est au moins comme rouler pendant 12h dans une petite route de campagne que l’on ne connait pas, l’été et avec le chauffage et les vitres fermés.  La concentration est aussi mise à rude épreuve car, il faut communiquer énormément d’infos au manager par radio (ce qui est super compliqué en course).

Le trafic sur la piste est également difficile à gérer : tu doubles des catégories moins puissantes que toi (50 km/h de différence) et te fait doubler par plus puissant que toi (20km/h plus vite que toi). A de nombreuses reprises, c’est super chaud, surtout la nuit, quand on ne voit que les phares et qu’on ne peut pas deviner la catégorie. Difficile de savoir si on laisse passer, pour éviter une « touchette » inutile et grave de conséquence, ou si c’est un concurrent de même catégorie qui est à 500m derrière.

Enfin, la luminosité du soleil au lever du jour, est aussi très gênante. 

Comment t’es tu entraîné pour cette compétition ?

En ce qui concerne l’entrainement, j’ai participé à des journées de « roulage » pour me faire à l’ambiance un peu chaude de la voiture et pour essayer de repousser un peu plus mes limites (et celles de la voiture) dans leurs derniers retranchements.

J’ai fais beaucoup de muscu : au niveau des bras, des pectoraux,  du dos, des épaules et du cou. J’ai fais aussi pas mal de course à pied (trop à mon goût !).

Et pour compléter le tout, un bon régime alimentaire et de bonnes nuits de sommeil, au moins le mois d’avant course.

Venons-en maintenant à l’alimentation. Quel type de repas fais-tu avant le départ ?

Avant la course il est très compliqué de manger à cause du stress, donc je me suis forcé à bien petit-déjeuner à 10h30 à mon réveil. Nous avions à notre disposition un petit-déjeuner à l’américaine : bacon, œufs, crêpes, jus d’orange, un verre de lait, des céréales et eau.

J’ai ensuite déjeuné à 13h (1 h avant le départ) tout en buvant beaucoup : crudités, pâtes et bœuf, et gâteau sucré en dessert.

Arrives-tu à boire ou manger dans la voiture ? Si oui, as-tu un équipement spécifique pour te faciliter la tâche ?

Dans la voiture il est impossible de manger. Pour la boisson, il y a un petit système de gourde qui se branche sur la voiture et à notre casque. Un tuyau que l’on sert dans nos dents nous envoie de l’eau jusqu’à la bouche quand on souhaite boire en appuyant sur un bouton situé sur le volant. L’inconvénient de ce système c’est que l’eau devient très chaude en 1 tour de circuit donc c’est super désagréable.

Par ailleurs, à Dubaï, à cause d’un problème technique, la pompe marchait en continu… Au bout d’un petit moment, l’estomac a commencé à dire stop à la boisson (logique) et je ne voyais pas trop comment résoudre ce problème à 280km/h.. ! J’ai donc décidé de garder l’eau dans ma bouche… jusqu’à ce que je doive répondre à une question du manager !! J’ai donc finalement passé le reste du relais avec ce tuyau, qui m’envoyait de l’eau contre ma joue en permanence!

Comment se déroulent les arrêts ? Arrives-tu à t’alimenter et t’hydrater un peu ?

Pendant les arrêts, il faut déjà un bon quart d’heure pour se déshabiller tout seul. Au premier relais c’est facile mais, en général, au deuxième on demande à un accompagnant de nous aider car cela devient impossible avec la sueur et nous n’avons plus de force dans les mains.

Une fois que tu as des habits de course secs sur le dos (pour être prêt à repartir) tu te poses et tu prends une boisson sucrée, des pâtes de fruits et des fruits secs.

Mon relais du petit matin à été horrible à vivre ! A chaque tour, en passant devant les stands, je me disais « allez, plus qu’un » alors qu’il allait y en avoir encore beaucoup… En sortant de la voiture, j’ai juste bu une boisson sucrée  et je me suis (enfin) endormi. A 11h, réveillé par mon ingénieur (barbu !) et en top forme,  j’ai mangé des bananes et bu de l’eau mélangée avec du jus de fruit et un peu de sel et mon dernier relais fut magique ! Facile et avec des chronos de folie…

Merci encore à toi Jean-Charles d’avoir pris de temps de nous faire partager ta passion et décoouvrir ton univers de pilote de formule GT.

Crédits photo : JC BATTUT

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Isabelle MISCHLER

NUTRITIONNISTE chez NUTRIMOVE
Docteur ès-sciences en nutrition, spécialisée en nutrition du sportif, j'interviens auprès des sportifs de haut-niveau et des équipes nationales. Je suis également consultante et formatrice (Formatrice référencée PNNS) auprès des entreprises, des professionnels du sport et de la santé.

Isabelle MISCHLER

Docteur ès-sciences en nutrition, spécialisée en nutrition du sportif, j'interviens auprès des sportifs de haut-niveau et des équipes nationales. Je suis également consultante et formatrice (Formatrice référencée PNNS) auprès des entreprises, des professionnels du sport et de la santé.